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Je ne sais pas si c’est le confinement qui me donne le temps de réfléchir, mais j’ai réussi à poser les choses et prendre une décision.

Cela fait maintenant six ans que j’écris de la fiction, essentiellement de la fantasy. Six ans que mes textes peinent à trouver leur public. Est-ce que cela voudrait dire que mes histoires ne sont pas assez intéressantes ? Non, la raison de mon échec (relatif, hein, n’exagérons rien) est purement mathématique.

La loi de l'offre et de la demande

La fantasy est sans doute l’un des genres littéraires les plus foisonnants. La production éditoriale est telle que le lectorat n’est pas assez nombreux. C’est la loi de l’économie de marché, celle de l’offre et de la demande : si un produit est présent en abondance, il perd de sa valeur, d’autant plus si le public est limité. À l’inverse, plus un produit est rare, plus sa valeur est importante, à fortiori si le public est demandeur.

Ce qui marche

J’ai scruté le top 100 du classement Kindle avec attention et j’en ai tiré une conclusion. L’immense majorité des livres présents dans ce fameux classement sont des romances avec des personnages masculins torse nu en couverture. En regardant plus attentivement, je constate que les histoires d’amour entre personnages ayant la capacité de se transformer en animaux sont légion, à fortiori lorsque ces derniers sont riches. Combien de titres mettent ainsi en scène des loups ou bien des ours milliardaires ?

La romance en tête

Cela signifie-t-il que je doive écrire de la romance pour avoir du succès ? Si les lecteurs de romance sont très nombreux, je devrais mathématiquement avoir plus de personnes intéressées par mes livres si ces derniers racontent des histoires d’amour. À moins que les romances existent elles aussi en abondance, auquel cas on se retrouve face au même problème que le précédent. L’idéal serait de trouver un créneau peut représenté mais connaissant un certain succès.

Trouver une niche

Il s’agit là de la définition d’une niche. Un produit correspondant à un maximum des besoins/désirs d’une population tout en étant peu proposé. Cette niche, je l’ai trouvée : le dinoporn.

Comme le terme est encore peu représenté dans la production littéraire, il ne possède pas encore de page Wikipédia en français, ni même en anglais, d’ailleurs. Qu’est-ce donc que le dinoporn, alors ? Le terme est assez évocateur : il s’agit d’histoires de sexe avec des dinosaures, vous l’aurez deviné. Et impliquant des humains, bien entendu. C’est de la zoophilie, alors ? Peut-être bien. Mais dans la mesure où les humains n’ont jamais pu techniquement côtoyer de dinosaures, je ne pense pas qu’on puisse vraiment s’en offusquer. D’autant plus que dans ces histoires, en général, le dino est consentant. C’est même lui qui prend l’initiative.

Malgré son potentiel fou, le dinoporn est un genre littéraire dénigré par le milieu. Jugé ridicule par beaucoup, il finit par le devenir lorsque les partenaires habituels des auteurs ne les suivent pas sur ce chemin-là. Les éditeurs refusent de publier ce genre d’histoires, les graphistes ne veulent pas associer leur nom ni leur talent à ces romans hors normes. On se retrouve avec des couvertures réalisées par les auteurs eux-mêmes, avec les moyens du bord.

Mon prochain roman

Vous l’avez deviné, mon prochain roman sera du dinoporn. Comme mes camarades qui se sont risqués à l’exercice, je n’ai pu trouver de graphiste acceptant de réaliser une couverture pour ce livre. J’ai du me débrouiller tout seul. Je vous laisse admirer le résultat de mes premiers essais ci-dessous (ce n’est qu’une version de travail), avec en avant-première, le premier extrait du roman.

Le soleil se levait, le ciel était dégagé. Une belle journée qui s’annonçait. Sauf que nous étions coincés au Crétacé. Estelle et moi avions accepté de participer à l’expérience du professeur Peterson, mais nous n’avions pas prévu de remonter aussi loin dans le temps. Nous aurions dû nous douter qu’il était fou. Nous n’aurions jamais dû accepter son offre.

— Il faut trouver un abri pour la nuit, dit Estelle.

J’étais de son avis. Dormir dans les arbres, ce n’était pas très confortable. À fortiori lorsqu’on était nu. Peterson avait insisté pour que nous nous débarrassions de tout objet avant d’entrer dans sa machine. Pas de montre, de téléphone, mais aussi aucun vêtement. Cela pourrait perturber le voyage, avait-il dit. Apparemment, il n’y avait pas besoin de cela pour le perturber. Nous devions simplement remonter le temps d’une seule journée, pas de cent millions d’années.

Nous avons fini par repérer une grotte en haut d’une colline. L’emplacement était idéal. Nous commencé par faire un feu à l’entrée, puis nous nous sommes fabriqué des torches. La cavité était immense. Je m’obstinais à regarder les parois, comme si je m’attendais à y trouver des peintures rupestres. C’était ridicule, les dinosaures que nous avions aperçu la veille nous avaient prouvé que nous étions au Crétacé, éventuellement au Jurassique, mais certainement pas après, et que donc les êtres humains n’étaient pas encore apparus sur Terre. Plus nous avancions, plus nous sentions un odeur bizarre. Estelle faillit trébucher. J’approchai ma torche pour éclairer le sol. Devant nous s’étalait un immense poisson.

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