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Jour 9

Au réveil, je suis soulagé, je m’attendais à ressentir la douleur davantage. Finalement, seul mon pied gauche me fait réellement mal. On dirait que je vais pouvoir aller faire du kayak finalement.

Mon nouveau bureau

En finissant mon petit-déjeuner, je croise l’expert Groupama, venu pour la clôture endommagée. J’ai ensuite une matinée de travail qui m’attend, avant de partir pour la plage Sakouli. Comme nous finissons notre réunion de service tard (décalage horaire oblige), j’arrive à l’hôtel O’lolo vers 13 h. J’y prends un sandwich avant de louer un kayak. On m’explique les consignes de sécurité et on me recommande de prévoir 45 minutes pour revenir de l’îlot Bandrélé. On me suggère d’en faire le tour. Je range mes affaires dans un tonneau en plastique étanche, qui sera maintenu au kayak sous un filet. J’enfile mon gilet de sauvetage par dessus mon t‑shirt (ne tentons pas le diable) et tire l’embarcation jusque sur le rivage. Je grimpe à bord et commence à ramer, mais les vagues me ramènent sans cesse sur le sable. Je sens une poussée derrière moi. Un coup de pouce humain venu de l’un des deux kayaks sur le point de prendre la mer eux aussi. Et c’est parti. Il est doit être 14 h 15, le kayak doit être revenu pour 17 h au plus tard.

Vue depuis l’îlot Bandrélé

La traversée me semble très longue. Les deux kayaks partis quelques minutes après moi ont fini par me dépasser à mi-chemin. Ils se dirigent vers la grande plage située au milieu de l’îlot. À contrecœur, je les rejoins pour y faire une halte, n’ayant pas la force de poursuivre au delà. Je sors le kayak de l’eau, me sèche, remets de la crème solaire et explore les environs tandis que mes camarades kayakistes s’équipent de palmes, masques et tubas pour observer le fond du rivage. Moi, j’ai déjà donné. Je prends quelques photos et m’engage un peu dans la forêt. Tout est très sec, en tout cas aux abords de la plage. Je décide de reprendre la mer et d’aller un peu plus loin. Il est 14 h 55. Après tout, peut-être ai-je le temps de faire le tout de l’îlot ?

Arrivé de l’autre côté

J’aborde une autre plage, plus petite. J’ai l’impression qu’il y a une grotte au fond. Je décide de m’y aventurer. J’ai l’impression d’être dans la peau de Robinson Crusoé, sur son embarcation de fortune, à la recherche du meilleur endroit pour s’établir. Ça me donne envie d’écrire une robinsonnade, tiens !

La grotte de tous les mystères

Finalement, le grotte n’en était pas vraiment une. Je poursuis encore plus loin, en tâchant d’éviter les rochers qui s’avancent dans la mer. J’arrive sur une plage similaire à la précédente, quoique un peu plus grande. Je suis arrivé complètement au sud de l’îlot, alors que la première plage était plein ouest. Je regarde l’heure : 15h15. Il est tant d’être raisonnable et de faire demi-tour. Je n’ai ni le courage ni le temps de faire le tour complet de l’île et de revenir sur la plage Sakouli à l’heure.

Le retour me semble aussi long que l’aller. En réalité, il le fut encore plus. À l’aller, j’allais contre le vent, mais en ligne droite. Au retour, n’arrivant pas à distinguer ma destination d’aussi loin, j’ai dessiné un S. La fin fut difficile, presque effrayante. Cette fois-ci, j’avais l’impression de vivre un épisode de l’Odyssée, celui où Ulysse doit affronter Charybde, puis Scylla. J’ai eu droit aux deux. Comme je ne me trouvais pas en face de ma destination, je devais ramer à contre-courant, tandis que les vagues étaient beaucoup plus fortes qu’à l’aller, m’emmenant inexorablement vers les rochers. J’ai finalement réussi à changer de cap et à ne pas m’écraser contre les récifs, en visant le mont Choungi, tout au sud. Charybde dépassé, je n’ai pu échapper à Scylla : les vagues étaient si fortes et le fond si peu profond que mon kayak s’est échoué sur le sable beaucoup trop tôt. Je le ramène dans l’eau et le traine derrière moi, sur une centaine de mètres. Il est plus facile de trainer un kayak flottant, qu’un kayak sur le sable.

Je suis satisfait, j’ai réussi à faire quelque chose d’inhabituel durant ce séjour à Mayotte. Le comble, c’est que j’aurais certainement pu faire du kayak n’importe où en métropole. La Bretagne et les Pays de la Loire ne manquent pas de rivières et de plans d’eau. Le paysage n’aurait pas été aussi somptueux, cependant.

Je rentre fatigué et affamé. Je crains que je me réveillerai avec des courbatures demain matin.

Jours 10 à 13

Pas de courbatures, finalement, mais les coraux de l’avant-veille ont laissé de sacrées traces sur mes genoux et mes jambes.

Désolé, ce n’est pas très joli à voir

Ce dixième jour correspond à la reprise du travail pour moi. J’entame une nouvelle session de formation, à Bandrélé, cette fois-ci. Le midi, je déjeune avec les clients. Mon voyage à Mayotte touche petit à petit à sa fin.

Jours 14 et 15

Mon retour en métropole est beaucoup plus long que l’aller, à cause d’une escale de près d’une journée entière sur l’île de la Réunion. Je pars donc le samedi matin, de bonne heure vers Mamoudzou. Pas encore de bouchons à cette heure. Je prends la barge et rejoins Petite-Terre. Après avoir fait le plein et lavé la voiture, je gagne l’aéroport.

Arrivé à Saint-Denis, j’appelle ma sœur et mon beau-frère. Il se trouve qu’ils avaient, depuis longtemps, prévu un séjour de quelques mois à la Réunion. et qu’ils étaient sur l’île depuis une semaine. Comme je dois repartir à la fin de l’après-midi, nous n’avons que le temps de nous balader dans la ville et de prendre un verre.

La nuit est plus courte qu’à l’aller : le décalage horaire de 2 h (entre la métropole et la Réunion) réduit d’autant le temps de sommeil, ce qui n’est pas plus mal. Arrivé à Roissy, je suis saisi par le froid. Deux semaines plus tôt, il faisait encore une petite vingtaine de degrés. Là, la température avoisine les 13 °C (y compris à l’intérieur de la gare SNCF de Roissy), et je suis en t‑shirt. Après avoir récupéré mes bagages, je sors ma veste, pour ne pas mourir de froid pendant les 2 heures qu’il me reste à attendre. Je découvre avec stupeur que le contenu de ma valise est trempé. Aurait-on traversé un nuage qui aurait atteint la soute ? En tout cas, impossible de me couvrir. Je dois prendre mon mal en patience. Je ne rentre chez moi que le midi, après 2h30 de train et une traversée de Rennes en métro/bus.

C’était la première fois que je me rendais dans un territoire d’outre-mer, et je ne me serai jamais attendu à vivre à tout ce que j’y ai vécu. Les avertissements avaient été nombreux, mais ils furent tous trompeurs.

Mayotte, le pays où les chèvres et les poules côtoient les voitures

Il est clair que Mayotte n’est pas une destination touristique comme les autres. Ce n’est pas une destination touristique, en fait. Et c’est c’est pour cela qu’il faut aller la visiter.

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