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L’auteur auto-édi­té doit se char­ger de tout… et ne rien omettre. Si les outils numé­riques d’aujourd’hui per­mettent de s’affranchir des ser­vices exté­rieurs (édi­teur, relec­teur, agent lit­té­raire…), il ne faut pas négli­ger tout ce tra­vail qui reste à effec­tuer.

Il y a quelques mois, j’ai ren­con­tré une jeune auteur dans la biblio­thèque où je tra­vaillais, qui venait pro­po­ser de vendre son livre à l’établissement. Il s’agissait d’un livre édi­té à compte d’auteur (chez les édi­tions Per­sée, il me semble), donc non réfé­ren­cé chez notre dis­tri­bu­teur. Elle nous a néan­moins lais­sé un exem­plaire, en atten­dant que la biblio­thèque prenne sa déci­sion.

L’ouvrage était de bonne fac­ture, tech­ni­que­ment par­lant. Mais l’intérieur n’avait clai­re­ment pas été relu. Ni par l’éditeur, ni par l’auteur. Des fautes d’orthographe à chaque phrase, des phrases qui com­mencent et s’arrêtent brus­que­ment, des noms propres ortho­gra­phiés dif­fé­rem­ment…

Après m’être ren­sei­gné un peu, j’ai appris que les parents de la jeune fille avaient débour­sé une coquette somme pour voir ledit ouvrage “édi­té” (on devrait plu­tôt dire “impri­mé”).

Para­doxa­le­ment, on peut gager qu’un auteur auto-édi­té soi­gne­ra davan­tage son ouvrage qu’un auteur édi­té à compte d’auteur.

L’auto-édité ne doit pas faire d’impasse. Il devra relire son livre un nombre indé­fi­ni de fois, impri­mer des BAT, les exa­mi­ner, les lire, avant de lan­cer la publi­ca­tion. Plus que n’importe quel auteur édi­té à compte d’éditeur, l’auto-édité (ou plu­tôt son tra­vail) est sur­veillé, ana­ly­sé, décor­ti­qué ; la moindre erreur lui sera repro­chée, alors qu’elle sera plus faci­le­ment par­don­née à un livre édi­té tra­di­tion­nel­le­ment. L’auto-édité ne peut pas se per­mettre de se moquer de ses lec­teurs, il doit leur pro­po­ser un pro­duit le plus abou­ti pos­sible, de sorte que ces der­niers aient envie de conti­nuer d’acheter / lire ses livres.

Les livres auto-édi­tés sont des livres comme les autres, sauf qu’ils doivent impé­ra­ti­ve­ment appro­cher de la per­fec­tion sous peine d’être relé­gué au pro­duit d’un ama­teu­risme cer­tain, quand bien même il s’agit tout de même de “vrais auteurs”.

Cré­dit pho­to : CC0 kaboom­pics

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