Êtes-vous un auteur jaloux ?

Cet article est un peu spécial, puisque je ne l’ai pas écrit. Vous connaissez peut-être déjà Denis Vergnaud, auteur du roman de fantasy La sève du pouvoir, qui nous partage régulièrement son expérience sur son blog, La plume d’un voyageur. Ce dernier m’avait invité à dresser un panorama des sous-genres de la fantasy, il y a quelques semaines. Aujourd’hui, c’est à son tour de nous parler de la jalousie entre auteurs, un sujet peu abordé dans la blogosphère de l’autoédition.

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Oyé camarades,

Vous est-il déjà arrivé de regarder votre prochain avec envie ? Non, pas ce genre d’envie là. Je vous parle de ce sentiment souvent inavouable qui peut nous pousser à faire ou à dire des choses mauvaises, inconvenantes et le plus souvent fausses.

Êtes-vous un auteur jaloux ?

Dans le monde de l’écriture et de l’autoédition, on peut vite se rendre compte du nombre impressionnant d’auteurs publiant des romans de toute taille, de tout genre et pour tous les goûts. Si vous êtes vous-même autoédité, vous vous êtes forgé un réseau de compères et de consœurs écrivains. Certains étaient déjà dans le milieu depuis plusieurs années, d’autres semblant en être au même niveau que vous. Vous partagez, vous échangez, vous allez faire un tour sur leur blog, etc.

Et puis un jour, vous apprenez qu’untel a vendu X exemplaires de son roman. Ce nombre est bien au-dessus du vôtre. Un autre jour, vous découvrez qu’une autre a tout écrasé sur son passage dans le classement Amazon et caracole en tête, accumulant commentaires positifs, visibilité, chroniques littéraires dithyrambiques et par conséquent les ventes.

Je l’ai déjà évoqué dans plusieurs articles de mon blog, l’autoédition est un vivier magnifique d’auteurs divers et variés. Le partage et l’entraide sont deux des termes qui me viennent immédiatement à l’esprit lorsque je pense « autoédition ».

Or, je vais vous dévoiler un petit secret.

Il m’est déjà arrivé d’être jaloux de mes collègues auteurs.

L’humain est ainsi fait, il n’a de cesse de vouloir se comparer aux autres. Évaluer son statut par rapport à celui de son voisin, estimer sa réussite, sa valeur à celle d’autrui. Je pense que c’est un comportement humain naturel qui a très certainement des explications scientifiques. Mais je ne vous raconte pas cela pour me défendre d’être jaloux. Non. Si j’ai déjà maudit un auteur pour sa réussite, c’était pour une raison simple : il ou elle était le reflet de mon propre échec.

Soit lorsque je n’avais pas encore publié le moindre ouvrage, soit lorsque mes ventes me semblaient ridicules en comparaison à monsieur ou madame X. Oui, mais voilà, le souci était là : « en comparaison ». Constater la réussite des autres nous amène à la frustration, à nous dénigrer nous-mêmes. Notre estime de soi est mise à mal et l’on se maudit de ne pas être à la place de.

Récemment, je suis tombé sur le statut de Virginie Coëdelo, une auteure que je suis. Elle rapportait un message privé qu’elle avait reçu sur Twitter de la part d’un autre auteur qui tentait de rabaisser son roman et sa réussite (estimant que ses commentaires Amazon n’étaient dus qu’à ses proches). C’est un exemple frappant de cette frustration, de cette jalousie malsaine pouvant faire basculer n’importe qui du côté obscur de l’écriture.

Il n’y a pas longtemps, je suis tombé (oui encore) sur une vidéo qui analysait ce fait de société. Les gens ont souvent tendance à rabaisser les autres afin d’améliorer leur estime de soi plutôt que de travailler dans le but de s’élever naturellement pour atteindre son propre bonheur.

Mais pourquoi se focaliser sur l’ombre lorsqu’il y a de la lumière ?

Pourquoi ne pas faire de cette colère, de cette frustration, une arme pour réussir soi-même ?

Oui, Mr Blue a eu du succès avec son dernier roman.

Oui, Mme Yellow a dépassé les 1000 exemplaires.

Oui, tous les deux ont leur livre dans le top 10 d’Amazon.

Vous savez quoi ? C’est génial ! Génial pour eux ! Je leur dis bravo pour leur réussite.

Alors ok, vous pourrez les envier un instant lorsque vous apprendrez la nouvelle. Durant quelques secondes, vous vous prendrez à rêver, à vous imaginer à leur place. Stop ! Gardez cette dernière image en tête et… faites en sorte de les rejoindre ! Battez-vous ! Travaillez, persévérez ! On dit que le succès est le fruit du hasard, mais je ne crois pas que le travail et la persévérance soient inutiles. Et vous ?

Transformez cette jalousie (toute relative quand même) en moteur, fixez-vous des objectifs et n’abandonnez pas. Dites-vous que ceux que vous jalousez, ceux que vous admirez en fait, ne sont pas arrivés là en se croisant les pouces.

Et si je ne vous ai toujours pas convaincu, sachez que dans l’écriture il n’y a pas de concurrence. Vous connaissez un lecteur ou une lectrice qui ne lise qu’un seul auteur ? Moi non. Ce n’est pas parce que Mme Yellow a vendu 1000 romans que ces 1000 lecteurs ne voudront pas vous lire vous aussi. Il ne vous reste plus qu’à séduire ce lectorat (qui veut être séduit !) et cela commence dès maintenant.

Allez au bout de vos rêves et qui sait, peut-être qu’un jour en surfant sur le net, vous me rendrez jaloux.

Crédit photos :  CC0 IraEm / CC0 KristopherK

9 réponses to “Êtes-vous un auteur jaloux ?

  • Ce fut un plaisir d’écrire cet article. Si cela peut en rassurer certains sur leur ressenti… n’ayons pas peur d’être jaloux, il faut simplement savoir s’en servir de manière positive ! 🙂

    Et lisez Jérôme Verne !

    • Merci Denis pour ton article (et ton commentaire 🙂) !

  • Un joli pavé dans la marre 😉
    Je rajouterai: “et analysez les stratégies de ces auteurs pour les copier”
    ^-^ Il n’y a pas que la plume ou le genre qui compte mais aussi certaines contingence, qu’on peut s’efforcer de reproduire!
    Sinon, c’est très joli tout ça mais dans certains genres ou microcosmes, ces petites envies bien humaines peuvent foutre en l’air un auteur. J’ai entendu des histoires de gens qui allaient très loin. C’est d’autant plus important de surveiller la jalousie (et de la tuer dans l’oeuf) chez soi mais aussi chez les autres. Perso, j’ai jamais eu à endurer des coups bas mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Donc non on est pas au pays des bisounours et nous ne sommes pas des bisounours. Mais on peut toujours se comporter comme tel si on se force un peu et qu’on relativise!
    a chacun de lutter pour grandir et accéder à la lumière!

  • Hélène de Montaigu
    10 mois

    Bien vu et joliment écrit. C’et vrai que c’est frustrant de peiner â faire connaître son bouquin quand d’autres s’envolent dans les classements. Il ne faut pas jeter le gant pour autant. Et les lecteurs ne se limitent pas à un seul auteur. Merci pour cet article. Je reprends courage.

  • La jalousie, c’est tellement humain 🙂
    Très bon article et très bonne analyse !

    C’est vrai qu’il est facile de se lamenter sur ses propres chiffres, et comme le dit ghaan, dans le monde de l’auto-édition un seul commentaire assassin peut faire énormément de dégâts. J’ai vu ça chez un confrère chez qui les ventes ont plafonné à cause de son premier commentaire, rageux et injustifié.
    Comme tu le dis si bien Denis, soyons solidaires et partageons nos petites stratégies, nous sommes tous à bord de la même galère 🙂

  • En fait, votre article m’a fait du bien. Je gribouille simplement, je ne fais pas partie de ces auteurs courageux qui se lancent dans le monde de l’auto-édition.
    Non ! Mais votre article m’a fait du bien, car à l’inverse de certains j’encense les auteurs indépendants que je lis. Je ne les jalouse pas, je me trouve simplement médiocre à leur contact.
    Oui ! Mais votre article m’a fait du bien. Je suis seulement comme tout le monde et cela me rassure, un peu décalée certes, mais humaine. Je dois humblement avouer que pour la première fois, votre article m’a rendue un peu jalouse, car il est bien écrit.
    Mais rassurez-vous, il m’a surtout fait du bien, car il m’a redonné confiance en moi. Après tout quelque part quelqu’un jalouse peut-être mes textes et ce serait tellement bien enfin dans la mesure du raisonnable bien sûr.

    Merci pour cet article très intéressant qui me conforte à aller au bout de ma plume.

  • Elen Brig Koridwen
    10 mois

    Excellent article. J’ajouterai un seul commentaire : la prospérité de tous les autres auteurs est à souhaiter avec ardeur, ne serait-ce que parce qu’il y va de la réputation de l’autoédition dans son ensemble. En prime, les jaloux devraient songer que les auteurs, sans exception, sont aussi… des lecteurs ! 🙂

  • Bonjour. Ah, la jalousie ! Une petite pointe ne peut pas faire de mal, c’est même une bonne source de motivation. Et puis, jalouser quelqu’un ou une situation, ça va effectivement dans les deux sens. L’essentiel, c’est de rester droit dans ses chaussures et honnête avec soi-même comme avec les autres. Comme vous le dites si bien, il n’y a pas de concurrence, mais plutôt des exemples divers et variés de manières de progresser. Charge à chacun de se remuer et de se donner les moyens d’atteindre ses objectifs. Certes, un peu de chance peut faire la différence, mais rien ne vaut la persévérance et l’amour du travail bien fait. Allez, zou, au boulot^^

  • chrysthall
    6 mois

    J aimerais si vous le permettez donner un avis de lectrice .le succes n a malheureusement pas de recette, un meme livre selon sa date de sortie, le vecue du lecteur le moment precis de la rencontre avec la bonne personne ect . C est injuste combien de chef oeuvres reste dans les nymbes pendant que des navets bien nommes sont en tetes Vous semblez vous debattre dans une jungle ou la loi du plus fort reigne .vous avez mis vos ” tripes ” dans vos lignes alors prenez le temps d achever vos ouvrages et frappé aux portes encore et encore la jalousie doit rester un moteur vers le succes

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