INGRAM / Lightning Source : le parcours du combattant

Pour mon pro­jet India­na Jones, j’ai choi­si de ne pas uti­li­ser les ser­vices de Crea­tes­pace, la filiale d’Amazon qu’on ne pré­sente plus, car l’offre pro­po­sée ne cor­res­pon­dait pas du tout à mes besoins.

India­na Jones : Le guide his­to­rique étant un livre docu­men­taire riche­ment illus­tré, une impres­sion des pages en cou­leurs était indis­pen­sable. Ama­zon pro­pose bien une impres­sion cou­leur, mais à un prix pro­hi­bi­tif et avec une qua­li­té qui d’après les divers avis recueillis est plu­tôt médiocre. Par ailleurs, je dési­rais une cou­ver­ture rigide, ce qu’il est impos­sible d’avoir avec Crea­tes­pace.

PrintJe me suis donc tour­né vers l’imprimeur à la demande qui me sem­blait répondre le plus à mes attentes, tant en terme de qua­li­té qu’en terme de bud­get : Light­ning Source. L’entreprise pos­sède notam­ment une filiale en France, près de Paris, qui a visi­ble­ment de bonnes rela­tions avec Hachette. J’ai donc com­men­cé par envoyer un mail à Light­ning Source France, afin d’en savoir plus sur leur offre, notam­ment en matière de dis­tri­bu­tion. Le mes­sage est res­té sans réponse. J’ai réité­ré ma demande la semaine sui­vante, et cette fois-ci j’obtins une réponse. L’e-mail m’indiquait que la filiale fran­çaise ne fabri­quait pas de livres à cou­ver­ture rigide et m’encourageait à me tour­ner vers la filiale bri­tan­nique. Le mes­sage a com­plè­te­ment igno­ré mes autres ques­tions, notam­ment sur la dis­tri­bu­tion.

Le moment venu, j’ai donc ouvert un compte sur le site de Light­ning Source, qui per­met d’imprimer dans trois lieux dif­fé­rents, en fonc­tion de là où vous habi­tez : aux États-Unis, en Grande-Bre­tagne et en Aus­tra­lie. L’ouverture de mon compte n’a pas été vali­dée auto­ma­ti­que­ment : un mes­sage à la fin de la pro­cé­dure m’indique que ma demande de créa­tion de compte sera exa­mi­née et que je rece­vrai une réponse sous 48h. Le temps s’écoule et je n’obtiens pas de réponse. Je leur envoie un mail, je les inter­pelle sur Twit­ter. C’est sur ce der­nier moyen de com­mu­ni­ca­tion que l’on me répond en pre­mier (au bout de quelques jours, tout de même). On me demande une adresse mail. Je sens qu’on tourne en rond. Tout se passe très len­te­ment. On finit par m’envoyer un e-mail quelques jours plus tard pour me deman­der de m’inscrire plu­tôt sur Ingram­Spark, entre­prise cou­sine de Light­ning Source.

ingramspark_color052213

Light­ning Source est en fait une filiale du groupe Ingram. L’offre de l’entreprise semble avoir été réor­ga­ni­sée pour prendre en compte l’acquisition de Light­ning Source : les livres impri­més par Ingram­Spark sont donc en fait impri­més par Light­ning Source. Le ser­vice pro­po­sé est stric­te­ment iden­tique si l’on consi­dère uni­que­ment l’impression à la demande. Ingram­Spark pro­pose en plus (mais de manière facul­ta­tive) des ser­vices de dis­tri­bu­tion de livres numé­riques et papier, sur les pla­te­formes inter­na­tio­nales (et donc anglo­phones).

03_pdf_xJe m’exécutai et créai mon compte sur Ingram­Spark. Cette fois-ci, tout se passe plus rapi­de­ment. L’importation de mes fichiers s’avère plus com­pli­quée que pré­vue : Ingram est plus tatillon que Crea­teS­pace sur ce point, les PDF-A (le for­mat uni­ver­sel­le­ment uti­li­sé) ne sont notam­ment pas accep­tés pour le fichier de cou­ver­ture. Il est néces­saire d’exporter son fichier au for­mat PDF-X, chose que la suite Office ne sait pas faire. Je passe par PDF Crea­tor et étu­die les pos­si­bi­li­tés d’exportation. Je trouve enfin le para­mètre qui me per­met d’enregistrer ma cou­ver­ture en PDF-X. Le résul­tat affiche des stries blanches hori­zon­tales tout le long de la cou­ver­ture du livre. Je me ren­seigne en navi­guant sur des forums ; il sem­ble­rait que ce soit nor­mal. J’importe donc mes fichiers sur Ingram­Spark. J’arrive à l’étape sui­vante : le “set­ting up” des fichiers. Cette étape est payante et coûte 49 $. Je déchante à nou­veau. Je n’avais pas pré­vu ajou­ter 49$ (36 €) au coût de fabri­ca­tion de mon pre­mier exem­plaire. Dif­fi­cile de savoir en quoi consiste cette étape, pour­quoi elle coûte si cher, alors que le concur­rent Crea­teS­pace n’ajoute pas ce genre de frais. Je lis que ces 49$ sont rem­bour­sés pour une pre­mière impres­sion de 50 exem­plaires ou plus.

50 exem­plaires papier pour le pro­jet India­na Jones ! Je n’avais jamais pré­vu d’en impri­mer autant. Et encore moins en une seule fois. J’ai donc lan­cé à ce moment ma cam­pagne de finan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif. J’avais de toute manière pré­vu de le faire, mais cer­tai­ne­ment pas avec un seuil aus­si haut. Je devais récol­ter 1300 € pour pou­voir ren­trer dans mes frais.

La cam­pagne démarre mal. Au bout d’un mois, seul trois per­sonnes s’étaient mon­trés assez inté­res­sées par le pro­jet au point de débour­ser un peu d’argent, en échange de leur propre exem­plaire lorsqu’il sera impri­mé.

Mais Ingram­Spark me réserve encore d’autres sur­prises. Je reçois un mail publi­ci­taire de leur part pro­po­sant d’offrir les fameux 49$ pour toute com­mande pas­sée avant le 31 octobre. Je saute sur l’occasion. J’importe à nou­veau mes fichiers, passe l’étape du “set­ting up”. Le len­de­main, je reçois une épreuve numé­rique de mon livre. Tout à l’air en ordre si ce n’est ces lignes hori­zon­tales blanches sur la cou­ver­ture. J’ai peur qu’elles appa­raissent sur le pro­duit fini.  Je lance l’impression en payant le coût d’un exem­plaire. J’attends une semaine et demi. Je reçois mon exem­plaire. Et voi­là le résul­tat :

Le pro­duit fini est à la hau­teur de mes attentes. Les pages sont impri­mées avec de l’encre (et non pas avec de la poudre car­bo­née, comme on en trouve dans les impri­mantes laser). Il s’agit bien d’un livre bro­ché avec une cou­ver­ture rigide et non pas un livre relié, qui aurait cou­té beau­coup plus cher et qui de toute façon ne fait pas par­tie des pro­po­si­tions d’IngramSpark, ni d’aucun impri­meur à la demande, à ma connais­sance.

Je suis fina­le­ment satis­fait du tra­vail d’IngramSpark, mal­gré des débuts dif­fi­ciles, et je recom­mande cet impri­meur pour ce type d’ouvrage.

 

7 Replies to “INGRAM / Lightning Source : le parcours du combattant”

  1. Bon­jour,
    Mer­ci pour ce retour d’expérience.
    Pou­vez-vous dire quel(s) paramètre(s) avez-vous sélectionné(s) dans PDF­Crea­tor. J’utilise Ope­nOff­fice et PDF­Crea­tor et m’arrache les che­veux pour réus­sir à conver­tir mon fichier en PDF-X valable.
    Mer­ci par avance.

    1. Bon­jour Flo­rence,
      Avant d’enregistrer avec PDF Crea­tor (mais après avoir lan­cé “l’impression”), il faut chan­ger quelques para­mètres (gros bou­ton para­mètre en forme de roue den­tée). Dans l’un des onglets, on peut choi­sir le for­mat pré­cis.
      Bon cou­rage.

  2. Mer­ci pour votre article.
    J’ai en pro­jet un livre pho­to (cou­leur) de 48 pages sur papier brillant de qua­li­té, comme Create space (que j’ai tes­té pour le même type de pro­jet) n’assure pas au niveau de la qua­li­té du papier, je vais uti­li­ser Ingram Spark.

    Sur leur page https://myaccount.ingramspark.com/Portal/Tools/PubCompCalculator
    Je ne com­prends pas le choix “Paper­back Hard­back”. Et quant au choix Lami­nate Type
    Gloss
    Matte
    je sup­pose que Gloss c’est pour un papier brillant (cou­ver­ture et pages inté­rieures).
    Autre­ment pour le reste il faut payer 49 dol­lars et payer au moins 2 exem­plaires (un
    pour le dépôt légal, l’autre pour son usage per­so) et puis c’est tout ! (?).

    Et le réfé­ren­ce­ment sur Ama­zon et autres est réa­li­sé par Ingram sans avoir de
    nou­veau à payer ?

    1. Bon­jour,

      Paper­back : cou­ver­ture souple / Hard­back : cou­ver­ture rigide.
      Lami­nate type : gloss (brillant) / Matte (mat) (pour la cou­ver­ture uni­que­ment).
      Je ne crois pas qu’Ingram pro­pose de papier brillant pour les pages inté­rieures. A voir à quoi cor­res­pond leur papier “pre­mium color”, mais je pense qu’on juste sur l’épaisseur.
      Pour un pro­jet de livre pho­to, je vous ren­voie vers Lulu.com qui offre une gamme plus diver­si­fiée (mais à des prix dif­fé­rents).

      Le réfé­ren­ce­ment Ama­zon par Ingram n’est valable que pour les pays anglo­phones (amazon.COM, etc) et finan­ciè­re­ment c’est une toute autre marge qui est pré­le­vée. 🙁

      Bon cou­rage.

  3. Mer­ci pour cette article, Jérôme.
    Pou­vez vous me dire si Ingram­spark fait un dis­tri­bu­tion en France ?
    C’est à dire, est-ce que des librai­ries et biblio­tèques en France peuvent com­man­der un livre chez eux ?

    Mer­ci,
    Ste­phen

    1. Bon­jour Ste­phen,
      Déso­lé pour cette réponse tar­dive. Pour répondre à votre ques­tion, je serais ten­té de dire oui, mais sans cer­ti­tude, n’ayant pas tes­té ce ser­vice.

  4. Un grand mer­ci pour cette expé­rience, il m’arrive une méga mésa­ven­ture avec un édi­teur, du coup je me ren­seigne, l’exemple choi­si et sa mise en page ne concernent pas le roman, il me semble. Mer­ci en tout cas, Ami­ca­le­ment. Fran­çois.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *